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La vie, le grand passage

Le monde change, "l'échéance" demeure.
Du Brevet, pour aider les paramédicaux, à la réflexion sur la sérénité du dernier jour, mon approche fut naturellement tracée par le goût de la vie quotidienne, du savoir-vivre et du travail, de l'art et de l'esthétique, sans oublier que la motivation et la force des sentiments naissaient de l'estime réciproque d'autrui, l'esprit tourné vers d'autres horizons...

"Così tra questa
Immensità s’annega il pensier mio:
E il naufragar m’è dolce in questo mare".
("L’infinito" de Giacomo Leopardi, poète italien, Recanati 1798 – Naples 1837)

"Ainsi par cette immensité, ma pensée s’engloutit,
et dans ces eaux-là,
il m’est doux de sombrer".
(traduction dans le film « Leopardi » de Mario Martone, 2013)

"È cusi à mez’à l’immensità u mo penseru s’annega :
Quant’ella hè dolce per mè di sfunghjemi in quessu mare".
(en langue corse)

La vie, un flux, un rien à en dire mais toute une histoire

On peut voir la vie comme un océan de vagues déchaînées (sans brides, sans attaches, sans contraintes…!), des hauts gigantesques et des bas effrayants
ou bien des vagues délicates et douces, un simple frisson en surface, un peu morne peut-être.

On peut aussi la voir comme un bœuf, une masse et s’aveugler sans regarder les détails des ombres,
ou bien comme un rocher, lourd, massif, uniforme et ne pas voir le brin d’herbe qui s’efforce de vivre dans la faille, et pourtant c’est lui la force vivifiante.

On peut voir la vie comme un grand magasin où l’on déambule, mais selon un circuit déterminé vers la sortie.
Tout est basé sur la frustration organisée, on fonctionne sur l’illusion qu’on peut se satisfaire de biens matériels, de choses nouvelles, de projets à tout prix, de vacances bien remplies, de pour-ne-pas-manquer-de… et notre être intérieur est contaminé par ces “intoxications de civilisation’’ (Edgar Morin).
Alors, on fait le tour de la vie, comme dans un grand magasin, le circuit est planifié, le même pour tout le monde, sans bien pouvoir repérer les raccourcis, ou les voies latérales, pour s’échapper de cette surabondance, des envies-besoins superflus, on avance sans trouver ce que l’on voudrait et l’on prend autre chose, ce qui vient.

On peut vivre la vie comme une fête, une découverte d’inattendus permanents, où il suffit de prêter attention aux signes, d’être léger et en éveil.
La liberté apparaît alors dans la décision, l’action voulue et choisie, dans l’émerveillement, dans l’acceptation sans jugement. On n’est pas en mode victime.

On peut vivre sur la crête, au point d’équilibre, entre les deux vallées, non pas de larmes !, mais dans le changement, la vie passe de l’une à l’autre.
Attention, à vouloir trop vivre, on s’aveugle, on force le capital vital, on épuise par là-même la vitalité, on s’attache trop au corps et à l’esprit.

On veut vivre à tout prix et par crainte de la mort on ne vit plus.
On oublie la tranquillité, le rythme du flux et reflux sur le sable chaud.
On a peur de la mort mais pas peur de la vie ?…mais alors, où est le juste milieu ? pourquoi le curseur de bonheur change-t-il tout le temps ?

J’adore Marc-Aurèle : “Donne-moi la force de changer les choses que je peux, la sérénité d’accepter les choses qui sont et la sagesse de distinguer l’une de l’autre’’.
"Dammi a forza di cambià ciò chì m’impreme, a serenità di piglià e cose cum'elle sò, è po a sapienza d'ùn mai cunfonde una cù l'altra" (in lingua corsa)

Claude Marie Paoli, F. Gémenos, 2 juillet 2018


Jamais seul dans le partage d’émotions…

Ce tuyau recouvert d'étiquettes de visites, quelques mètres après la sortie d’un musée !
Étonnante ! l'idée du premier à avoir commencé ce collage...
et le totem construit par tous les anonymes qui passent.
Tous ensemble dans la joie prolongée !

Mai solu in u spartu d’emuzione…
Stu cannellu cupertu cù tichette di visite, uni pochi di metri dopu à l'isciuta di u museu !
Stunente ! l'idea di u primu chì ha principiatu st’incullatura...è u totem custruttu da tutti quelli chì passanu.
Tutti inseme in a gioia cuntinua !

Claude Marie Paoli, F. Aix-en-Provence, juillet 2018

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent. Il ne dure qu’un instant mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n’est assez riche pour pouvoir s’en passer et personne n’est trop pauvre pour ne pas en être digne.
Il crée le bonheur au foyer, il est un soutien dans les affaires et le signe sensible de l’amitié.
Un sourire donne du repos à l’être fatigué, rend du courage au plus découragé, console la tristesse. C’est un antidote de la nature pour toutes les peines.
Cependant, il ne peut ni s’acheter ni se prêter, ni se voler car c’est une chose qui n’a de valeur qu’à partir du moment où il se donne.
Et si, quelquefois, vous rencontrez une personne qui ne vous donne pas le sourire que vous méritez, soyez généreux, donnez-lui le vôtre,
car nul n’a autant besoin de sourires que celui qui ne peut en donner aux autres.
 (Anonyme)

A boccarisa

Esse à boccarisa, ùn costa tantu è porta assai.
A risetta arricchisce quelli chì a ricevenu, senza caccià nunda à chi a porghje.
Ùn dura chè una stundarella ma omu pò arricurdassine à vita.
Quale hè abbastanza riccu pè privassine ? È quale troppu povaru pè ùn essene degnu ?
Ella, inghjenna u benestà à meza casa è, di sicuru, u sullevu in una vita prufessiunale, è ancu un segnu forte in l’amicizia.
Una risetta arreca a pace à quellu chì strazia, a forza à quellu chì perde pazienza, è cunforta quellu chì hè tristu. Ghjè una medicina naturale contr’à tutt’i guai.
Eppuru, una boccarisa ùn si pò nè cumprà, nè prestà, neppuru arrubbà, chì ghjè un affare chì ùn vale chè quand’ellu si offre.
È, sì un ghjornu, scuntrate unu chì ùn vi dà micca a risa ch’è vo cuntate, siate largu è mandateli a vostra,
perchè, in fatti, ùn ci hè nimu chì abbia più bisognu d’una risetta chè quellu chì ùn ne pò fà.
(Autore scunnisciutu)

Claude Marie Paoli, F. Scolca, Corse, août 2018

Un témoignage
 
"Très touché par ce site qui me donne la force de considérer que notre fin de vie ne peut pas être une banale activité commerciale.
 J'adhère entièrement à cette démarche qui est une philosophie de vie humble et plus harmonieuse dans une société de consumérisme effréné.
La sobriété n'empêche pas les émotions, bien au contraire.
La sobriété est quelquefois une élégance de vie pour soi et pour l'amour de ses proches.

Sachez que, en corse, blanc comme un linge se dit... "si dice biancu cum'è un candelu o biancu cum'è una pezza di linu."

Ghjuvan Francesco M-V, F. Bastia, Corse, août 2018